Authentification e-mail5 min de lecture

Mes e-mails arrivent dans les spams : les causes, dans l'ordre à vérifier

En résumé

Un e-mail qui finit en indésirable n'est presque jamais un problème de contenu : dans la grande majorité des cas, c'est votre domaine qui n'est pas authentifié. Voici les sept causes classées de la plus fréquente à la plus rare, avec la vérification correspondante.

Vous envoyez un devis, il n'arrive pas. Vous relancez, le client répond qu'il l'a trouvé « dans ses indésirables ». C'est agaçant, mais surtout : c'est du chiffre d'affaires qui se perd sans que personne vous prévienne.

La bonne nouvelle, c'est que les causes sont peu nombreuses et se vérifient dans un ordre précis. La mauvaise, c'est que presque tout le monde commence par la fin en réécrivant ses messages pour « éviter les mots qui déclenchent les filtres » alors que le problème est ailleurs neuf fois sur dix.

Voici l'ordre qui fait gagner du temps.

1. Votre domaine n'est pas authentifié

C'est la cause principale, et de très loin.

Quand un message arrive, le serveur du destinataire se pose une question simple : est-ce que cet expéditeur a le droit d'écrire au nom de ce domaine ? Pour répondre, il consulte trois enregistrements publics : SPF, DKIM et DMARC. S'ils sont absents ou incohérents, il n'a aucun moyen de distinguer votre devis d'une tentative d'usurpation et dans le doute, il filtre.

Depuis 2024, les grands fournisseurs ne se contentent plus de « filtrer dans le doute » : Gmail et Yahoo exigent cette authentification pour les envois en volume, et resserrent progressivement pour tout le monde. Beaucoup d'entreprises découvrent le problème sans avoir rien changé de leur côté : c'est le seuil qui a bougé.

Vérification : testez votre domaine avec notre outil SPF et DMARC. Le résultat est immédiat et sans ambiguïté. Si DMARC est absent, arrêtez de lire la suite et commencez par là c'est expliqué dans SPF, DKIM et DMARC expliqués simplement.

2. L'adresse dans « De : » n'appartient pas à votre domaine

Le cas classique : un formulaire de contact ou un logiciel de facturation qui envoie des messages en affichant l'adresse personnelle du client comme expéditeur, ou une adresse gratuite du type contact@gmail.com.

Techniquement, cela revient à écrire au nom d'un domaine que vous ne contrôlez pas. Gmail et Yahoo refusent désormais cette pratique pour leurs propres domaines, et les filtres la considèrent comme un signal d'usurpation.

Vérification : ouvrez un message envoyé par votre site ou votre logiciel de gestion et regardez l'adresse réelle de l'expéditeur, pas le nom affiché. Elle doit être sur votre domaine.

3. Vous envoyez depuis un serveur mutualisé à mauvaise réputation

Si vos messages partent directement de votre hébergement web, vous partagez l'adresse du serveur avec des centaines d'autres sites. Il suffit qu'un voisin envoie du courrier indésirable pour que l'adresse soit signalée et vos messages en subissent les conséquences, sans que vous ayez rien fait.

Vérification : vos e-mails partent-ils de votre hébergement web, ou d'un service d'envoi dédié ? Si c'est le premier cas et que vous avez du volume, c'est un point à traiter.

4. Votre enregistrement SPF est cassé sans que vous le sachiez

Une subtilité qui piège beaucoup de monde : il ne peut exister qu'un seul enregistrement SPF par domaine. Si vous en avez deux souvent parce qu'un prestataire en a ajouté un sans regarder l'existant l'ensemble devient invalide, et l'authentification échoue comme s'il n'y en avait aucun.

Autre limite peu connue : un enregistrement SPF ne doit pas déclencher plus de dix consultations DNS. En empilant les include: de tous vos outils, on dépasse ce plafond, et là encore tout tombe.

Vérification : notre outil affiche l'enregistrement trouvé. S'il y en a deux, ou s'il empile plus de dix inclusions, il faut le consolider.

5. Personne ne lit vos rapports DMARC

Un enregistrement DMARC peut demander à recevoir des rapports quotidiens listant qui envoie du courrier en votre nom. C'est le seul moyen de découvrir qu'un de vos outils légitimes échoue à l'authentification ou qu'un inconnu usurpe votre domaine.

La plupart des configurations n'activent jamais ces rapports, ou les envoient vers une boîte que personne n'ouvre. Le problème n'est alors pas invisible : il est simplement ignoré.

Vérification : votre enregistrement DMARC contient-il une adresse rua= ? Et si oui, quelqu'un lit-il ce qui y arrive ?

6. Votre liste de destinataires est ancienne

Sur une liste constituée depuis plusieurs années, une partie des adresses n'existe plus. Chaque envoi vers une adresse morte est un signal négatif, et une accumulation de ces signaux fait chuter votre réputation d'expéditeur.

C'est un problème d'infolettre, pas d'e-mail individuel mais il abîme la réputation du domaine tout entier, y compris pour vos devis.

Vérification : quel est votre taux d'échec sur le dernier envoi groupé ? Au-delà de quelques pour cent, la liste doit être nettoyée.

7. Et seulement là, le contenu

Absence de lien de désinscription sur un envoi groupé, message uniquement composé d'une grande image, pièce jointe volumineuse, lien raccourci masquant sa destination, ou un rapport texte / lien déséquilibré : ces éléments pèsent, mais ils pèsent beaucoup moins que les six points précédents.

C'est pourtant là que la plupart des gens commencent, en réécrivant leurs messages pendant des semaines sans résultat. Réécrire un objet d'e-mail ne compensera jamais un domaine non authentifié.

L'ordre de vérification, en résumé

Ordre À vérifier Comment
1 SPF, DKIM, DMARC présents notre outil
2 L'adresse d'expédition est sur votre domaine ouvrir un message envoyé
3 Vos messages ne partent pas du serveur web demander à votre hébergeur
4 Un seul SPF, moins de dix consultations l'enregistrement affiché par l'outil
5 Les rapports DMARC sont activés et lus présence de rua=
6 La liste est nettoyée taux d'échec du dernier envoi
7 Le contenu du message en dernier, jamais en premier

Si vous ne devez faire qu'une seule chose : testez votre domaine. Dans la majorité des cas que nous voyons, DMARC est simplement absent et c'est une correction qui prend quelques minutes une fois qu'on sait quoi écrire, ce que détaille notre guide de configuration chez OVH.

Un e-mail non authentifié n'est pas un e-mail suspect. C'est un e-mail dont personne ne peut prouver qu'il vient de vous.

Questions fréquentes

Pourquoi mes e-mails passaient avant et plus maintenant ?+

Parce que les grands fournisseurs de messagerie ont durci leurs exigences : depuis 2024, Gmail et Yahoo imposent l'authentification du domaine pour tout envoi en volume, et l'appliquent progressivement au reste. Votre configuration n'a pas changé c'est le seuil d'acceptation qui a monté.

Un seul destinataire me dit que mes messages arrivent en spam, les autres non. Pourquoi ?+

Chaque fournisseur applique ses propres règles, et les filtres d'entreprise sont souvent plus stricts que ceux du grand public. Si un seul destinataire est concerné, commencez par lui demander de vous marquer comme expéditeur fiable, mais vérifiez quand même votre authentification : le fait que ça passe ailleurs ne veut pas dire qu'elle est correcte.

Est-ce que changer de logiciel d'envoi va résoudre le problème ?+

Rarement, et c'est la dépense la plus souvent faite pour rien. Le logiciel d'envoi ne change pas l'authentification de votre domaine : si SPF et DMARC sont absents, le nouvel outil sera filtré comme l'ancien. Corrigez l'authentification d'abord, changez d'outil ensuite si le besoin existe encore.

Test SPF & DMARC

Cet article fait partie de notre travail sur authentification e-mail. La page dédiée détaille ce que nous faisons, comment, et dans quels cas nous vous le déconseillons.

Voir la page Test SPF & DMARC

À lire ensuite