Hébergement4 min de lecture

Votre sauvegarde de site ne fonctionne probablement pas

En résumé

Avoir une sauvegarde et pouvoir restaurer sont deux choses différentes. Presque tous les sites que nous reprenons après un incident avaient bien des sauvegardes inutilisables. Voici les cinq échecs classiques et les questions à poser à votre hébergeur.

Il y a une phrase qu'on entend systématiquement quand un site est compromis ou effacé : « ce n'est pas grave, on a des sauvegardes. »

Et il y a la phrase qui suit, une heure plus tard : « en fait, elle ne se restaure pas. »

Presque tous les sites que nous reprenons après un incident avaient effectivement des sauvegardes. Le problème n'a jamais été de les faire. Il a toujours été de pouvoir s'en servir.

Les cinq façons dont une sauvegarde échoue

1. Elle est stockée sur le serveur qu'elle protège

C'est l'erreur la plus répandue, et la plus logique en apparence : l'extension de sauvegarde écrit ses archives dans un dossier du site.

Or les scénarios dont on se protège emportent le serveur avec eux. Un rançongiciel chiffre les archives en même temps que le reste. Une suppression accidentelle du compte d'hébergement efface les deux. Une compromission donne à l'attaquant l'accès aux sauvegardes autant qu'au site.

Une sauvegarde doit vivre ailleurs que ce qu'elle sauvegarde. C'est le seul principe non négociable.

2. La base de données n'est pas incluse

Beaucoup de sauvegardes ne contiennent que les fichiers. Sur un site moderne, les fichiers ne sont que l'habillage : vos pages, vos articles, vos produits, vos commandes, vos comptes clients sont dans la base de données.

Restaurer les fichiers sans la base donne un site qui s'affiche et ne contient rien. Techniquement, la sauvegarde a fonctionné. Pratiquement, vous avez tout perdu.

3. L'historique est trop court

Une intrusion n'est pas toujours immédiatement visible. Il n'est pas rare qu'un site soit compromis plusieurs semaines avant que quelqu'un le remarque c'est même l'intérêt de l'attaquant.

Si votre hébergeur ne conserve que les sept derniers jours, toutes vos sauvegardes contiennent déjà le code malveillant. Vous restaurez, et vous réinstallez le problème avec.

C'est exactement la situation décrite dans que faire quand un site WordPress est piraté : il faut une version antérieure à la compromission, pas simplement une version d'avant-hier.

4. Personne n'a jamais essayé de restaurer

Le cœur du sujet. Une sauvegarde n'est pas un fichier, c'est une procédure : récupérer l'archive, la déposer, importer la base, ajuster la configuration, vérifier que le site fonctionne.

Cette procédure a des dizaines de façons d'échouer : archive incomplète, format d'export incompatible, mot de passe de base de données perdu, version du langage serveur différente, fichier trop volumineux pour l'outil d'import.

Tant que personne ne l'a fait une fois, vous n'avez pas une sauvegarde, vous avez un espoir.

5. La restauration dépend de quelqu'un d'autre

Chez certains hébergeurs, restaurer signifie ouvrir un ticket et attendre. Le jour où votre boutique est hors ligne, ce détail contractuel devient votre principale contrainte.

La question à poser est simple : pouvez-vous déclencher une restauration vous-même, maintenant, sans autorisation ?

La règle qui résume tout

Trois copies, sur deux supports différents, dont une hors du site. C'est un principe ancien du métier, et il n'a pas vieilli.

Appliqué à un site web, cela donne : le site en production, une sauvegarde chez l'hébergeur, une sauvegarde ailleurs autre fournisseur, autre compte, autres accès.

Les questions à poser à votre hébergeur

Cinq questions, et les réponses vous situent immédiatement :

  1. Les sauvegardes incluent-elles la base de données ?
  2. Sur combien de jours l'historique est-il conservé ?
  3. Sont-elles stockées ailleurs que sur le serveur du site ?
  4. Puis-je déclencher une restauration moi-même ?
  5. Quand a eu lieu la dernière restauration réussie de mon site ?

La cinquième est celle qui compte, et c'est celle à laquelle presque personne ne peut répondre.

Le seul test qui vaille

Prenez votre sauvegarde la plus récente et restaurez-la sur une adresse de test pas sur votre site en production. Puis vérifiez trois choses : les pages s'affichent, les contenus récents sont présents, et les formulaires fonctionnent.

Si l'opération réussit, vous savez enfin où vous en êtes. Si elle échoue, vous venez de l'apprendre un jour où ce n'était pas grave.

C'est pour cette raison que nos prestations d'hébergement infogéré et de maintenance incluent des restaurations d'essai périodiques : non pas pour cocher une case, mais parce que c'est la seule preuve qu'une sauvegarde existe vraiment.

Une sauvegarde jamais restaurée n'est pas une sauvegarde. C'est un fichier dont on espère beaucoup.

Questions fréquentes

Mon hébergeur annonce des sauvegardes quotidiennes. Ça ne suffit pas ?+

C'est un bon point de départ, mais trois questions restent à poser : sur combien de jours l'historique est-il conservé, la base de données est-elle incluse ou seulement les fichiers, et pouvez-vous déclencher une restauration vous-même ou faut-il ouvrir un ticket et attendre. Les réponses varient énormément d'une offre à l'autre, y compris chez le même hébergeur.

À quelle fréquence faut-il sauvegarder ?+

Posez la question à l'envers : quelle quantité de travail acceptez-vous de perdre ? Pour un site vitrine qui bouge peu, une sauvegarde quotidienne est largement suffisante. Pour une boutique qui enregistre des commandes, perdre une journée signifie perdre des commandes payées la base de données doit alors être sauvegardée bien plus souvent que les fichiers.

Est-ce qu'une extension de sauvegarde WordPress suffit ?+

Elle fait le travail, à une condition : que la destination soit ailleurs que sur le serveur du site. Une sauvegarde stockée sur le serveur qu'elle est censée protéger disparaît avec lui, et se retrouve chiffrée avec le reste en cas de rançongiciel. C'est l'erreur la plus fréquente sur ce type d'installation.

Hébergement infogéré

Cet article fait partie de notre travail sur hébergement. La page dédiée détaille ce que nous faisons, comment, et dans quels cas nous vous le déconseillons.

Voir la page Hébergement infogéré

À lire ensuite